Visite avec Jacques Beccaletto

De 1995 à 2011, Jacques Beccaletto a été responsable des cultures au Potager du Roi où il est entré en 1969 comme responsable du fruitier. Il est également l’auteur de l’Encyclopédie des formes fruitières.

la visite a eu lieu fin Avril 2019

Un Quizz pour commencer: comment s’appelle est cette forme d’arbre?

Quelques remarques générales. Il y a un effort visible d’entretien, et dans plusieurs jardins il y a maintenant du paillage au pied des arbres (on le voit par exemple sur la photo ci-contre). C’est excellent !

Il y a par contre des problèmes qui sont toujours présents et qui sont inquiétants : les écorces des arbres sont mangées par les lichens (voir ci-dessous ) alors qu’il existe des traitements bios qui pourraient éviter cette prolifération qui a déjà tué et va continuer à tuer de nombreuses branches (on peut le vérifier en identifiant toutes les branches sèches ; beaucoup de charpentières et coursonnes ont été asphyxiées). Il y également toujours des problèmes de conduite d’arbres qui font que beaucoup d’arbres n’atteindront jamais leur formes adultes (quelque soient les efforts qu’on leur applique).

De nombreuses ferrures ont été enlevées : cela donne un peu l’impression que l’on veut « effacer » les choses. Cela enlève la lisibilité architecturale dans le jardin Dubreuil notamment.

Finalement, il y a énormément de vides. Les jardiniers ont un travail absolument considérable devant eux pour replanter et prendre soin de toutes ces replantations. Beaucoup trop d’arrachages ont été fait en peu de temps, donc impossible de suivre raisonnablement une prévision de replantation en maintenant une architecture végétale digne du Potager du Roi.

Avec Jacques Beccaletto, on s’intéresse à l’ensemble du jardin mais également à toute une série de ‘petits détails’ qui font qu’un jardin est plus ou moins bien tenu. Voici quelques remarques, jardin par jardin

Lelieur. La promenade a commencé au Lelieur où les arbres sont paillés au pied. Plusieurs lignes tiennent bien. Jacques Beccaletto me rappelle qu’il y avait des rosiers à l’extrémité des cordons de pommiers. Une vue désagréable est celle des ‘pyramides à étage’ de l’interligne 4. Plantés en 2004, les arbres n’ont pas atteint leur maturité et ne l’atteindront jamais. Ils ont l’air déjà vieux.

Dubreuil . Sur le mur qui fait face au sud, la forme Lyre n’est pas en bonne forme. Il y a eu beaucoup d’arrachages et il reste beaucoup de broyat et de gros bois sur le sol. Cela peut être mauvais pour de nouveaux arbres. Il y a du trèfle très haut au pied de certains arbres : ce n’est pas bon pour eux, les premières branches basses ont un risque d’asphyxie, un trèfle bas est préférable mais n’exclut pas une concurrence alimentaire avec les arbres.

Legendre. C’est sur la ligne 1 que se trouve le ‘U simple croisé’ montré dans le quizz . C’est le seul arbre conduit selon cette forme au Potager du Roi ! Placé ainsi, il vient combler deux lattes libres laissées par l’installation des palmettes verticales double tige de cette même ligne.

Terrasse Nord, roseraie. Les pruniers en cible récemment plantés (voir page suivante) n’ont pas été taillés cet hiver. A moins de repartir presque à zéro, ces arbres n’atteindront jamais la forme visée. On constate un déséquilibre total des charpentières.

Duhamel. Si le vieux ‘vase Médicis’ est toujours vaillant, le jeune est un peu chétif. Il ne sera jamais terminé, vigueur faible, déséquilibre des charpentières.

La Rocaille est en pleine santé

Cinq des Onze. Sur le mur face est, les ‘cordons verticaux inversés’ (plantés en 2002) ont été coupés à leur sommet. Ils ne redescendront donc jamais pour atteindre la forme inversée prévue initialement, alors que les extrémités des charpentières étaient en début de placement en forme inversé en 2009 jusqu’en 2012. L’arbre en ‘forme sinueuse de Rouen’ n’a pas été taillé non plus pour atteindre cette forme.

Quatrième des Onze. Les ‘cordons treillis Beccaletto’ plantés en 2001 devaient voir leur branche redescendre vers le sol après avoir couvert le sommet de la tonnelle. Ils n’ont pas eu la vigueur de le faire et la forme restera malheureusement incomplète. Certains arbres étaient en début de redescente vers le sol en 2011. Là aussi, pourquoi les ferrures des palmettes à trois étages ( Pommier Belgolden) de la bordure Est de la parcelle collection, ont elles été supprimées ? Ces ferrures encore en très bon état auraient sans doute pu encore servir.

Au 5éme et 4éme des Onzes. Des ferrures pour cordons horizontaux ont été installé mais elles manquent d’esthétisme, section des ferrures trop grosses et non coudées à l’endroit de la fixation, pour garder “le côté esthétique“.                                                                                                                                                                                             

Jardin Noisette. Où sont passés les cerisiers de la parcelle centrale Est ? Plantés en Mars 2009, ils ont déjà disparu.

Grand Carré. Les lignes de palmettes entre les carrés 13 et 14 et 9 et 10 ont été replantées récemment mais elles auront du mal à devenir adulte car les branches basses poussent mal ; elles devraient être d’abord relevées en extrémités pour avoir de la vigueur avant d’être repositionnées à l’horizontale.  Les lignes entre les carrés 5 et 6 et 1 et 2 (et la ligne nord du carré 1) ont été plantées en 2002 mais n’atteindront jamais leurs formes adultes, car  déjà malheureusement de nombreuses extrémités de charpentières basses sont sèches (et auraient dû être taillées), Les mousses et les lichens anormalement présents vont anéantir l’avenir de ces arbres.

Pour Jacques Beccaletto, il faut suivre de près le développement des palmettes Legendre. Il faut, par exemple, systématiquement pincer les pousses verticales en été (5 à 6 passages palissages et pincements, de Mai à Août) afin qu’elles ne consomment pas trop d’énergie inutile de l’arbre.  

Toutes les plantations actuelles du Grand carré ont un avenir incertain.

Treillage sur la Rampe du Couchant . Le treillage a été mal installé et se détériore déjà bien avant que les arbres ne l’atteignent (fixation des lattes sur les fils de fer horizontaux pas assez soignées et serrées, les lattes bouges). Certaines lattes ont été volontairement sectionnées par erreur, ce qui les a fragilisées. Les fils de fers fins n’ont pas non plus été « tordus » sur l’angle ». (Torsade de la fixation sur l’angle des lattes de bois pour faciliter la tension de serrage avec la torsade rabattue vers le bas pour faciliter la « goute d’eau » et préserver la durée de la fixation. Enfin, Jacques Beccaletto me rappelle qu’il y a moins de 10 ans, en 2011, son relevé de plantation répertoriait 5013 arbres conduits selon 68 formes différentes

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